vendredi 12 septembre 2014

Trop tôt





Un quart d’heure trop. Je me présentais devant la petite maison un quart d’heure trop. C’était involontaire de ma part, la circulation avait été plus fluide que je ne me l’imaginais en partant. À moins que ce ne soit une crainte inconsciente de louper ce rendez-vous tant désiré…
      La bâtisse encerclée d’un grillage vert semblait tranquille. J’hésitais un instant à appuyer sur la sonnette de la porte d’entrée. « Aprés tout, les femmes n’aiment pas attendre, c’est connu ». J’écrasais le bouton, un carillon retentit à l’intérieur, perceptible à travers le mur. Rien. Une seconde fois, toujours rien.
Clara. Depuis qu’elle avait été embauchée, depuis qu’elle était ma voisine de bureau, je ne pensais plus qu’à elle. Un visage effacé, très discret, mais aux grands yeux bleus pétillant et une silhouette de rêve. Du haut de ses 28 ans, elle égarait la gente masculine, la faisait perdre pied et plonger son regard sur son buste rebondit. Elle tourmentait mes nuits depuis si longtemps, je la voyais m’observer en souriant, parfois se déshabiller avant de me rejoindre. Je me réveillais alors dans un état d’excitation rare et lorsque je la retrouvais un bureau, je n’osais la regarder franchement comme si elle pouvait deviner que je venais de passer ma nuit à fantasmer sur son corps.
       J’essayais une ultime fois la sonnette, mais sans succès. « Elle doit écouter de la musique avec un casque ! » .
      Un instant d’hésitation, et j’enclenchais la gâche : la porte était ouverte. Elle m’attendait donc, elle ne s’était pas envolée ! Mais dans le salon, une pièce tout en longueur aux murs blancs, personne. La sensation était étrange, j’étais un peu mal à l’aise. Je rentrais ainsi chez elle, sans son autorisation. Un intrus, j’étais un intrus, car après tout, je ne connaissais rien de Clara. Nous avions échangé quelques mots sans intérêt, sauf la veille. J’avais fait le pas, je l’avais invité à dîner et à ma grande surprise, elle avait accepté. Avec cette petite moue qui semblait dire qu’elle n’y attachait aucune importance, mais elle avait accepté. Maintenant, il ne me restait plus qu’à la retrouver pour l’emmener au restaurant…
Clara, c’est moi !
        Pas de réponse non plus, mais dans le silence de la maison, il me parut percevoir un bruit de ruissellement. Léger, mais présent. Il provenait du fond du couloir, l’unique du logement. À pas de velours, comme si je commettais un délit, je m’y aventurais.     Les éclaboussures de l’eau rebondissant sur du carrelage se faisaient de mieux en mieux entendre. J’avais compris, au fond du couloir, une porte était entrebâillée : c’était la salle de bain, Clara prenait sa douche.
Mon cœur s’emballa, moi qui ne rêvait que d’elle de la douceur qu’elle dégageait, de ces formes qu’elle masquait sous ses vêtements… Je ne sais pas comment j’en suis arrivé là, mais je glissais dans l’embrasure et restait coi.
    La surprise était de taille : la jeune femme était sous sa douche, entièrement nue. Cela n’avait rien d’exceptionnel en soi, mais pour le reste… Elle gémissait de plaisir, son corps ondulait derrière la paroi vitrée. Un corps sublime, des haches larges, un galbe de dos marquant de jolies fesses arrondies. Elle gémissait sous l’effet de ses caresses, de ses doigts massant les boutons bruns de ses seins. Et entre ses cuisses, elle serrait le pommeau de la douche, plaquant son jet puissant contre son sexe. Clara se faisait jouir en m’attendant !
   L’érotisme de la scène était torride, je n’en pouvais plus. Ma verge s’embrasa de désir, gonfla à en exploser, mon corps s’affola. Je n’avais plus qu’une envie, assouvir mes fantasmes nocturnes, la prendre et remplacer ce minable jet d’eau qui titillait sa fente. Elle me vit. C’était inévitable, elle me découvrit planté au bau milieu de la salle de bain, immobile à l’observer. Ses joues virèrent au rose. J’allais me faire jeter comme un malpropre !
    Non. Elle ne dit rien, elle avait simplement cessé de se caresser les seins et m’observait. Comme si elle attendait quelque chose… comme si elle m’attendait.
C’était fait, je ne pouvais plus me contenir. En quelques secondes, je me débarrassais de mes vêtements et me retrouvait nu devant elle, la verge tendue en sa direction. Et comme m’indiquer le chemin, ses jambes s’écartèrent, la douchette tomba sur le carrelage. Clara était sublime, un ventre plat des hanches larges, et mourant entre ses cuisses, une ligne d’une toison claire marquants les lèvres de son sexe. Un appel, auquel je m’empressais de répondre.
    Sa peau était glissante de savon, je me mis derrière elle, et m’introduit d’en son ventre. Elle était trempée de désir, je m’enfonçais au plus profond d’elle ce qui la fit aussitôt crier de plaisir. Elle s’appuya sur la paroi carrelée pour se retenir, elle s’ouvrit pour se donner toute entière ;
Plus fort encore fit-elle entre deux halètements.
    Mon sexe fut absorbé par le sien, mon torse s’écrasa dans son dos, elle suffoquait maintenant et quant à moi, je sentais un puissant orgasme qui s’approchait. Pas question de le retenir, et au moment où je lui offris ma semence, elle hurla son plaisir, puis s’écroula sur le sol.
     La jeune femme mit quelques instants pour reprendre ses esprits.
Et si on mangeait ici ? proposa-t-elle.



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